Thème 2

THESAURISATION ET DIFFUSION DE LA CONNAISSANCE

BASES DE DONNEES - ENSEIGNEMENT/PEDAGOGIE DU RISQUE

Le travail de ce Groupe a été coordonné par
Mme Farimah Masrouri (LAEGO, Nancy) et M. René Harouimi (CNISF).

Problématique - contexte - enjeux

Une composante fondamentale de la maîtrise des risques est certainement l'enseignement et la pédagogie des risques. Des formations (initiale et continue) doivent être organisées en ayant en vue l'acquisition méthodique d'une culture du risque autour de ce que l'on peut appeler un " saut technologique " ou " saut culturel ".

Enseignement, pédagogie et diffusion des connaissances supposent que ces connaissances soient disponibles, reconnues et enseignables. Ce qui caractérise la difficulté d'ordonner ces connaissances, c'est la complexité, l'interaction des sous-systèmes entre eux. Ces interactions soulignent la nécessité d'études transdisciplinaires, auxquelles les acteurs du génie civil ne sont pas habitués, car il ne s'agit plus de technique pure, mais de systèmes socio-techniques, c'est-à-dire concernant des systèmes techniques opérés par des organisations humaines. Il faut alors aborder ces thèmes avec humilité et avec la volonté de définir les relations hiérarchiques entre les divers acteurs matériels ou humains. C'est donc avec un esprit d'ouverture et en pratiquant le questionnement, que peut être construit, à partir d'un présent imparfait, le savoir enseignable.

Il faut attacher également une grande importance à la mémoire (événements inscrits au patrimoine des risques) et au retour d'expérience. Les événements ne doivent pas rester diffus, mais s'inscrire dans une histoire. Organiser le retour d'expérience, comprendre les accidents et en tirer des lois est cependant la clé d'un progrès nécessaire. Comprendre cette histoire permettra de l'enseigner.

Préoccupations et besoins scientifiques

" Former et se former : qui ? à quoi ? où ? quand ? quelles portées et quelles limites ? et pas seulement former comment ? ", voilà des enjeux forts, qui procèdent nécessairement d'une remise en cause, pour bâtir quelque chose d'innovant.

Cependant, nous ne partons pas de rien, mais d'un "présent imparfait". Nous savons qu'il n'est pas possible d'être exhaustif, même dans des filières spécialisées. Ce qui nous semble important, c'est de disposer d'un tronc commun méthodologique de culture du risque et d'appréhension des problèmes dans le contexte global où ils se situent (étude systémique).

Les actions réalisées en 2003-2004

En matière de thésaurisation de la connaissance, le premier travail a été de faire un état des lieux et d'établir un inventaire des travaux disponibles et de leur localisation, afin de profiter de l'expérience existante dans ce domaine. Les informations recueillies seront autant que possible mises en forme selon un canevas-type, avec un indexage par mots-clés. Dans le domaine de la pédagogie un état des lieux a été effectué. Il exploite une enquête, concernant les cours dans le domaine de Gestion des Risques, auprès des seuls établissements dédiés au Génie Civil en France.

Deux ateliers dédiés aux Risques en juin 2003 à La Rochelle et en juin 2004 à Marne-la-Vallée, ont été organisés parallèlement aux Rencontres de l'AUGC. Ces réunions ont été le lieu de fructueux échanges avec les collègues universitaires.

En 2004, un cours (figure 1) permettant d'acquérir les notions nécessaires dans ce domaine a été mis en place, il peut être utilisé comme support en formation initiale ou continue.

Figure 1 - Cours multimédia sur la Gestion des Risques

Un état des lieux des actions entreprises à l'échelle internationale (principalement dans les pays anglo-saxons) sur l'utilisation du retour d'expérience pour l'enseignement des risques, et plus largement pour l'enseignement en génie civil a été entrepris.

Propositions d'actions

Le squelette du document pédagogique présenté à la figure 1 peut être complété, modifié et exploité comme document de base par l'ensemble des intervenants du GIS MR GenCi. On pourrait ainsi produire un outil collectif commun, progressivement enrichi, à l'harmonisation et à la cohérence duquel le GIS veillerait, en apportant son label.

La préparation de documents synthétiques sur différents thèmes liés à la Gestion des Risques ainsi que la mise en place des documents multi-medias pour permettre une pédagogie en ligne, sont d'autres aspects fondamentaux du thème 2.

En 2004-05, nous allons mettre l'accent sur l'organisation des journées de formation continue (1 à 3 jours) aussi bien pour les formateurs que pour les ingénieurs du monde professionnel. Ces journées mobiliseraient l'ensemble des forces actives du GIS.

Un autre projet important serait de proposer un Master de Gestion des Risques en Génie Civil. Ce Master pourrait être organisé de manière à fonctionner en deuxième année de Master (c'est-à-dire en cinquième année d'études supérieures). Ce projet pourrait se mettre en place à moyen terme, après discussion avec tous les membres du GIS et concertation du monde professionnel et des collègues universitaire.